mardi 9 avril 2013

La facture?

En jasant avec une amie, j'ai compris que les termes techniques en art sont parfois inconnus des personnes qui n'ont jamais suivi de cours en art ou en histoire de l'art. Voici donc une petite notion technique.

Nous payons tous régulièrement  des factures, Mais, qu'est-ce que la facture d'une œuvre ou d'un artiste? Larousse nous dit que c'est la «manière dont un tableau est exécuté, particulièrement d'un point de vue technique. Donc, la facture d'un tableau se caractérise par l'épaisseur de la pâte, la répartition des empâtements ainsi que l'orientation de la touche».

Chaque artiste se reconnaît par sa facture, c'est son écriture picturale. celle qui le distingue des autres artistes.

Par exemple, nous remarquons assez facilement la facture qui caractérise Vincent Van Gogh. Regardez les toiles suivantes et notez les détails. On peut voir la touche de peinture qui revient dans ses toiles, ses «jaunes» qui se retrouvent dans plusieurs de ses œuvres, le mouvement ou la vibration dans les coups de pinceaux. Observez les détails qui reviennent d'une toile à l'autre.

Description de cette image, également commentée ci-après               

 

Ce n'est qu'un petit exemple pour illustrer ce qu'est la facture d'un artiste et, même si les tableaux de Van Gogh ont évolué au cours des années, certains détails ne se retrouvent que dans ses tableaux. J'aurais également pu ajouter quelques toiles dans lesquelles on peut admirer ses ciels tourmentés,

Chacun de nous peut assez facilement reconnaître un Picasso ou un Dali. Amusez-vous à observer la facture de leurs œuvres ou celle d'un artiste que vous aimez particulièrement.
  



dimanche 7 avril 2013

Richard Purdy, artiste international

Richard Purdy est un artiste interdisciplinaire originaire d'Ottawa. J'ai été sensibilisée par son travail grâce à un ami Guy Thibert, lui aussi un artiste qui me fascine. Il fut le premier diplômé du programme doctoral en études et pratiques des arts de l'UQAM.

La recherche de Purdy passe par la fragmentation et la carte, la notion de fluidité et d'eau et, également du «micro pore» à la pièce pour en arriver à la spécificité du micro pore qui se complexifie plus sa recherche avance. Je cite Art pour tous «Il utilise une grande diversité de matériaux, parfois surprenants : pierre, bronze, textiles, papier, bois, légumes, Jell-O, bois de drave, babioles, etc. Cet artiste aime surprendre et jouer sur l’ambiguïté, les illusions. Un de ses thèmes récurrents est l’inversion : cartes géographiques où l’eau et la terre sont inversées dans le but de subvertir les canons de la représentation, usage de l’eau comme miroir.»


Richard Purdy a aménagé ses trois installations dans... (Photo: Oli Croteau) à l'Espace Shawinigan, 2010
L'écho-L'eau


Il met en dernier l'évidence que c'est une œuvre peinte comme un long manuscrit qui évolue dans l'espace.

Timbre

Plus près de nous, en 2012, son exposition Trombe au Biodôme de Montréal a également remporté beaucoup de succès.




  Encore un autre artiste très inspirant pour moi.

samedi 6 avril 2013

Jonathan Plante et le lapincyclope

Les enfants ont une vision très ouverte de l'art. Souvent, l'éducation les oriente et leur fait perdre leur candeur initiale ainsi que les nombreuses possibilités de leur imagination. Lorsque ma petite vient chez-moi et veut peindre elle aussi, il est certain qu'elle puise une certaine «influence» dans ma peinture car on est tous un modèle de quelque chose pour quelqu'un. Elle y ajoute cependant sa personnalité à elle toute seule. Les résultats peuvent parfois paraître ordinaires mais il en émerge beaucoup de choses intéressantes. C'est comme lorsqu'on fait une toile, elle se bâtit peu à peu pour un jour se finaliser.

Un cadeau à mes petits sera, non pas un album à colorier, mais un cahier d'esquisses dans lequel ils pourront faire leurs propres dessins et les peindre à leur manière. Pour moi, le dessin n'en aura que plus de valeur. Et maintenant, Thomas suit les traces de ma belle Anne-Sophy.

Alors, ce matin dans Le Devoir vous trouverez cet article présentant Jonathan Plante qui place l'art et son histoire à la portée des enfants. Avec son personnage du «lapincyclope» qui est condamné, sans vision périphérique, à voir son univers autrement. C'est la base même de la créativité. Je ne vous donne pas plus de détails, lisez l'article et vous comprendrez mon excitation. 

Vous avez jusqu'au 4 mai pour amener vos enfants, petits-enfants, petits voisins ou enfants de vos copains au Vox, centre de l’image contemporaine, 2, rue Sainte-Catherine Est, espace 401 à Montréal. Remarquez qu'ils vous faudra peut-être vous acclimater à la vision pour enfants mais celle-ci devrait également s'avérer très enrichissante pour vous. J'espère que j'aurai la chance d'y amener mes deux petits d'ici-là.

Jonathan Plante, Lapincyclope, image lenticulaire, 2013. Image tirée du journal Le Devoir, 2013-04-06.

vendredi 5 avril 2013

Jean-Paul Riopelle

En ouvrant les rideaux ce matin, j'ai vu la neige tomber et les bernaches qui avançaient sur le fleuve. J'ai fait un lien avec Jean-Paul Riopelle et les oies blanches de l'Isle-aux-Grues qu'il peignait dans les dernières années de sa vie.

Riopelle était un personnage bourru, entier, il aimait la vie, les femmes et la dive bouteille. Il a côtoyé plusieurs grands artistes dont, entre autres, Alberto Giacometti, André Breton et Samuel Beckett. Il faisait partie du mouvement artistique des Automatistes.

Vous vous souviendrez que Riopelle fut l'un des signataires du Refus global avec Borduas, Ferron, Sullivan et les autres.

Voici Composition, une toile de 1950 que vous pouvez admirer au Musée des beaux-arts du Canada. 


Composition 

En 1955, il  rencontre la peintre américaine Joan Mitchell, qui sera sa compagne pendant un quart de siècle et, juste avant de déposer ses pinceaux, sa «Rosa Luxembourg».

En 1992, la mort à Paris de son ancienne compagne Joan Mitchell,  lui redonna une vigueur soudaine. C'est alors qu'il crée alors l'une de ses dernières œuvres, monumentale, la «fresque d'une vie», disent les historiens de l'art, Hommage à Rosa Luxembourg dont un détail apparaît au bas. 

Composé de 30 tableaux, l’œuvre fait en tout 45 mètres de long. Il a orné pendant quelques années les murs du Casino de Hull avant de regagner, à la demande du peintre, le Musée des beaux-arts du Québec, qui consacre maintenant au seul maître l'une de ses salles. Je ne manque jamais de retourner voir cette fresque colossale lorsque je retourne à ce beau musée sur les Plaines d'Abraham à Québec.



  Hommage à Rosa Luxembourg (1992)

Riopelle demeure un de mes peintres québécois préférés. Je vous laisse avec deux liens que You tube. Le premier est le travail d'un jeune homme qui nous raconte la vie de Riopelle. Dans le second Riopelle nous fait part d'une anecdote comique lors d'une visite chez son ami Ozias Leduc, autre peintre québécois célèbre.

jeudi 4 avril 2013

Expositions à voir

Si vous avez le temps et si votre parcours vous y amène, il vous est possible de voir ces expositions.

Muriel Faille  est une artiste peintre, «graveure» et «éditeure» comme elle le dit, même si cela déplait à monsieur Larousse et cie. Elle publie des livres d'artistes et elle a reçu le prix Saint-Denys Garneau en 2011 pour les 28 ans de production et de diffusion du livre d’artiste à travers le Québec et les Maritimes. Son exposition Dans la portée d'un monde laissent entrevoir des paysages presque monochromes. Elle nous transporte dans un univers de première naissance. La liste des villes où circule l'exposition apparaît sur son site mais elle est présentement à Victoriaville.

Aux confins de deux mondes

À la Galerie blanche, rue St-Paul à Montréal, vous pouvez voir l'exposition du sculpteur et peintre Jean-Louis Émond. Il «utilise souvent des découpes d'acier rejetées par les processus industriels et des objets de métal qu'il transforme et réinterprète».Vous pouvez en lire plus sur son site web.

Récif 55 x 64 x 28 po.



Au 445 St-Pierre, suite 202 dans le Vieux Montréal  a eu lieu à la fin mars le vernissage de l'artiste Annabelle Marquis et ses œuvres les plus récentes. Elle expose à Québec (Galerie Perreault), Baie-St-Paul (Galerie d'art Iris), à Victoria, C.-B. et à Edmonton pour qui avait en tête de poursuivre un périple dans l'Ouest canadien.



La Galerie LeRoyer dans le Vieux Montréal nous présente Louis Laprise artiste ébéniste et son exposition Le réel à volonté, du 10 au 26 avril. Il peint sur bois, ce qui fait que chacun de ses tableaux se construit à partir des lignes qui apparaissent sur le support.    

Louis Laprise - Space Paisley

Il fait partie de l'atelier LC2 avec d'autres artistes ébénistes. Voici une de ses tables.

  Magnifique, n'est-ce pas?

 Voilà de quoi entreprendre un petit parcours plus ou moins long par un beau week-end ensoleillé.

mercredi 3 avril 2013

L'effet de mouvement dans une toile ou un dessin

Vous avez certainement déjà vu une toile qui donne la sensation de bouger, d'être en mouvement? Mais comment simuler le mouvement dans un dessin, comment diable une abstraction peut-elle «bouger»?

Une des techniques consiste à ne pas tout peindre d'une scène, on omet des détails qui pourtant pourraient faire partie de la scène. Retournez à mon billet d'hier «Sortir du cadre», vous en avez là un bon exemple. Le spectateur devine facilement le mouvement du guerrier et celui des animaux en arrière-plan.

La ligne droite vs la courbe

La ligne droite est le plus court chemin entre deux points. Tous les mathématiciens vous le diront. Cependant, en dessin et en peinture, si l'artiste veut donner l'effet de mouvement, il faut l'oublier. En effet, la ligne courbe simule l'effet de mouvement. La ligne droite rend la toile complètement immobile. Mais la courbe est parfois bien difficile à réussir pour arriver à son objectif.

Je vous présente quelques toiles pour illustrer le concept de mouvement.
Voici donc une première œuvre qui, comme vous pouvez le constater, paraît statique. Les artistes ne veulent pas nécessairement créer un mouvement, Donc, ici c'est réussi pour la recherche de Mark Rothko (Untitled). Juste à première vue, c'est le calme plat dans sa toile. Il faut aller voir plus loin pour comprendre sa recherche. La zone foncée est confrontée au travail turbulent du pinceau puis à l'ajout de bleu et d'ocre dans le bas. Rothko est un contemporain de Barnet Newmab et fait lui aussi partie du mouvement expressionnisme abstrait américain.




La prochaine toile figurative d'Edward Hopper nous donne aussi la sensation que tout est arrêté dans le temps. Même le personnage semble figé. Les lignes sont droites, la pose du personnage est très verticale et statique. On lui donne le qualificatif du peintre de l'immobilité.



Par contre dans l’œuvre suivante, Les oliviers, Van Gogh, nous donne vraiment l'impression de sentir le vent dans les oliviers et dans l'herbe au sol. Même les nuages semblent poussés par lui. La route, tordue, nous amène au loin.

File:Vincent van Gogh (1853-1890) - The Olive Trees (1889).jpg




J'ai choisi cette abstraction sur le web. Elle nous donne vraiment l'impression de mouvement, comme si une vague  emportait tout avec elle. Je n'ai malheureusement pas retrouvé le nom de l'artiste qui l'a peinte.
Peinture2.jpg
Les informations que je donne sont vraiment très succinctes alors qu'on pourrait en jaser pendant des heures. Je tente simplement de donner le goût d'aller voir plus loin et celui de savoir apprécier une œuvre d'art peu importe sa forme ou la technique utilisée pour la créer. Personnellement, j'explore encore le mouvement dans mes toiles. Cette exploration pourrait également se traduire en recherchant son absence... mais cela deviendrait beaucoup plus difficile pour moi de demeurer statique. Pour le moment, la structure d'acier à laquelle je m'attaque est très linéaire et droite, en fait elle ressemble à une échelle. J'espère que la toile à l'arrière arrivera à l'agiter quelque peu.

mardi 2 avril 2013

Sortir du cadre

Je m’apprête à débuter un nouveau projet ce matin. Je dis débuter même si celui-ci mûrit depuis un bon bout de temps déjà. Depuis qu'un ami m'a offert une structure d'acier qui traînait dans sa remise depuis quelques années. Vous l'aurez deviné, l'objet en question a rouillé avec le temps. Il laisse cependant une grande place à la couleur d'origine, soit le rouge. 

Je disais, pas plus tard qu'hier que je peins souvent cette couleur. Elle ne m’effraie pas, je me sens à l'aise de travailler avec elle. Donc, pour la structure en question, j'ai moi-même monté une toile qui se place très bien à l'intérieur. Disons que j'utiliserai l'objet de métal comme cadre et que ma toile deviendra l'extension de celui-ci.

Voici la base de mon projet. Je devrai, par la suite, intégrer la toile à son cadre pour réaliser l’œuvre finale. Cela fait des mois que j'y pense et je connais plusieurs détails, comment je compte la réaliser. J'ignore cependant encore à quoi tout cela ressemblera une fois terminé.

J'ai toujours eu du mal à me restreindre au cadre rectangulaire. Depuis l'université, le processus d'un cadre non-conventionnel à évolué en moi. Même si je dépends encore du support (la toile), je poursuis sans cesse ma recherche. J'ai déjà découpé dans un support de contreplaqué, ce qui avait donné une toile très intéressante à l'époque et que je reprendrai peut-être un jour. J'ai également combiné les formes qui, même rectangulaires en elles-mêmes, devenaient asymétriques. Je vous fais grâce de tous mes essais.

Donc, en y repensant bien, je resterai encore à une forme rectangulaire mais qui apparaîtra tout de même «hors cadre».

On peut toutefois sortir du cadre tout en s'y restreignant. Voici une toile intitulée Chasse au Wapiti. Voyez comment notre œil comprend que l'amérindien arrive de la gauche et qu'il est sans aucun doute suivi des ses amis, tandis que les wapitis courent en arrière plan et on imagine le troupeau beaucoup plus important que ce que l'on voit. Inconsciemment, le spectateur sort des limites du cadre de la toile.

http://data2.collectionscanada.ca/ap/c/c000411k.jpg

Mais ce matin, je n'ai pas l'esprit blogueur, une autre force m'attire... Que votre journée soit aussi belle et inspirante que la mienne!