lundi 1 avril 2013

La couleur

Je ne vais pas donner un cours sur la symbolique des couleurs, il existe tellement de liens sur le web où vous pouvez retrouver cette information. La page que j'ai choisie pour vous donne l'information sous forme de tableaux faciles à consulter.

Ma recherche sur la couleur remonte à plusieurs années. Je suivais un cours sur la couleur avec François Chalifour à l'UQO et celui-ci nous donne un premier exercice sur les couleurs primaires. Arrivée chez-moi, je demande à mon chum de l'époque s'il n'aurait pas un morceau de contreplaqué qui traînerait dans le garage. Il me donne un petit bout de bois carré de 12 x 12 po environ. Je fais mon travail, bien pour le but de l'exercice mais lorsque je reviens avec mon tableau la semaine suivante, François ne veut même pas le corriger... Il me dit : «lorsque tu pourras donner du punch à ton exercice, je le regarderai plus attentivement». Laissant tomber mon chum, je vais faire un tour chez Rona par la suite, achète un panneau de 4 x 4 pi et recommence mon travail... Wow! l'impact était tellement différent malgré que j'aie conservé le même dessin que dans la première version.

J'utilise  la plupart du temps des couleurs pures, mais je travaille au niveau des nuances, des valeurs, des tonalités et des textures qui viennent créer des variations, simuler une profondeur visuelle ou des changements toujours au niveau visuel. Vous ne verrez jamais, ou presque, dans mes toiles l'utilisation du noir (présence de toutes les couleurs) ou du blanc (absence de toute couleur). Je me sers plutôt des couleurs complémentaires si je veux assombrir ou des nuances pour donner l'effet recherché. Par l'ajout ou la soustraction de lumière, nous révélons ou atténuons la couleur. La lumière fait apparaître la couleur. C'est un principe de base de la physique.

Maintenant, avec les communications qui se font maintenant au niveau international avec un seul clic de souris, il faut savoir que les couleurs ne réfèrent pas nécessairement à la même symbolique au niveau de la perception dans les différentes cultures et civilisations. Les croyances, les valeurs et les symboles diffèrent. Donc, on peux dire que la couleur est un produit culturel.

Par exemple, en Occident, le jaune, le rouge et le bleu sont les couleurs primaires. En Afrique occidentale et centrale, les couleurs terre sont les plus belles. Elles sont sèches, humides, rugueuses, dures, tendres et tristes.

Par contre, au Japon, le blanc est important. Il est la couleur de la noblesse. Les Japonais offrent, pour désigner la gamme des blancs, une foule de termes qui correspondent à autant de nuances et de désinences lumineuses imperceptibles à l’œil occidental.

Il en est de même pour les différentes civilisations ou les différentes cultures.

Un autre exemple intéressant, le jaune est une couleur peu utilisée dans la civilisation occidentale si on la compare au bleu. Tandis qu'au Japon et en Inde c'est une couleur noble, celle du succès. 

Red Yellow Mt. Fuji Japan Drawing of Hokusai Paint Postcards
Dessin jaune du Mont Fuji Japon
 

Par contre, Van Gogh a beaucoup utilisé le jaune. C'était sa couleur préférée selon les auteurs. Vous n'avez qu'à penser à ses tournesols et à ce jaune particulier chez-lui que l'on retrouve dans plusieurs autres toiles, notamment Champ de blé aux corbeaux, Le Café de nuit.


Je crois qu'actuellement chaque artiste peut «ressentir» l'utilisation de certaines couleurs sans que l'on juge, en tant que spectateur, que telle ou telle couleur n'aurait pas dû se retrouver dans son œuvre. Il faut de plus en plus apprendre à voir la couleur selon les yeux des autres. Même les couleurs d'une page web pouvant très bien convenir au Canada sera perçue tout autrement en Chine ou au Japon. Encore faut-il pouvoir y lire l'information.

Je vous laisse avec une de mes toiles intitulée Idée naissante où l'utilisation du rouge avec ses différentes nuances, occupe la presque totalité de la toile. On dit que le rouge est une couleur à utiliser avec parcimonie... mais cela dépend de ce que l'on veux exprimer je crois. Ici, on peut ressentir la passion, la chaleur et l'éclosion de la fameuse idée. Pour votre information, le rouge étant jusqu'au 19e siècle la couleur des robes de mariées... et également celle des prostituées. Maintenant, on lui acconde la symbolique de «danger».



  Je ne crois pas que l'on ressente un quelconque danger dans cette toile... mais c'est ma vision des choses. En passant, celle-ci ne m'appartient plus.

dimanche 31 mars 2013

Bon congé pascal

Joyeuses Pâques ou bon congé! Petite pause pascale pour moi, je vous laisse sur une musique de circonstance.




samedi 30 mars 2013

Francis Bacon

Je poursuis mon billet d'hier avec un peintre vraiment très différent. Je vous présente aujourd'hui Francis Bacon, non pas le philosophe mais le peintre britannique. Le lien que j'ai mis n'est pas celui de son site officiel (que je n'aime pas du tout) mais vous retrouverez le lien sur celui-ci ainsi qu'un court vidéo intéressant sur Bacon. Né en 1909 et enfant avec une santé fragile, il mourra d'une pneumonie en 1992. Il a vécu le rejet de son père lorsque ce dernier a découvert son homosexualité.

Peintre autodidacte, il s'inspire de Vélasquez, Van Gogh, Picasso et du cinéaste Luis Buñuel.

Rejetant l'abstraction de ses contemporains, la figuration de ses œuvres va cependant à l'encontre de l'esthétique de l'époque. Son interprétation de personnages reproduit surtout le visage humain dans des expressions hagardes, effacées, contorsionnées. Elles sont déformées comme par un phénomène optique comme on peut l'observer dans cet autoportrait.

Autoportrait (1969), par Francis Bacon

On retrouve ses personnages le plus souvent isolés, parfois en duos mais très rarement plus de deux. Parfois les analogies d'attitude et de situation rapprochent l'homme de l'animal. On les retrouve assis, couchés, emprisonnés, endormis.  Ici le pape Innocent X est assis comme prisonnier et en proie à une douleur intense. Les traits verticaux jaunes donnent une impression de violentes vibrations et de mouvement. On dirait que le personnage va exploser.

Innocent, par Francis Bacon

Dans années quarante, Bacon peindra ses premiers triptyques qui deviendront par la suite une forme conventionnelle de son travail. Même si on y retrouve des personnages dans ces triptyques, ceux-ci sont isolés, ne communiquent pas entre eux. Voici Trois études de figures au pied d'une crucifixion...

Trois études de figures au pied d'une crucifixion, par Francis Bacon

... et Trois personnages dans une pièce. Les figures ici représentées, une dans chacun des panneaux, sont : de dos à gauche, George Dyer, avec qui Bacon se lie de 1964 à 1971, année de la mort de Deyer; à droite et de profil, Lucian Freud, peintre anglais; et, au centre de face, Bacon lui-même, la bouche tordue en un cri. Malgré les déformations que le peintre leur fait subir, on reconnaît les modèles.



Au cours des ans, il laissera de côté les images de violence crue, peintes à ses débuts, pour « peindre le cri plutôt que l'horreur ». Il insiste sur le fait que la violence doit résider dans la peinture elle-même, non dans la scène présentée.

Je vous laisse sur cet interview de Francis Bacon en 1984, vous pourrez vous faire une idée du personnage. Il a d'ailleurs laissé plusieurs documents audios et visuels qui témoignent de sa recherche.

Non, je vous quitte plutôt sur cette anecdote...

Ses personnages ne laissent personne indifférent.  Au cours de ma vie professionnelle, en tant qu'enseignante, j'ai eu la chance de donner certains cours qui laissaient place à la créativité. Pour débuter ces cours, je prenais un moment pour créer une cassure avec ce que les étudiants faisaient avant d'entrer dans ma classe et cela leur donnait un ouverture à laisser aller leur créativité et travailler par la suite sur leurs projets.

Un jour, j'ai présenté une reproduction d'un autoportrait de Bacon en demandant à mes étudiants de m'écrire quelque chose à partir de cette image. La toile présentée ressemblait à l'autoportrait au haut de ce billet. Le texte pouvait prendre n'importe quelle forme (chanson, poésie, narration, etc.) et se rapporter sur la toile elle-même, sur l'impression laissée par l'image ou la réaction par rapport à cette image. J'ai eu de très beaux textes dont un en particulier d'un étudiant qui, je l'espère, poursuivra dans le domaine de l'écriture, peu importe sa forme. Mais, ce que j'ai constaté (même si je l'anticipais), c'est que cette œuvre ne laissait personne indifférent, peu importe si on aimait ou pas. J'avais hésité avant de proposer cet exercice mais je ne l'ai pas regretté. J'espère que j'ai pu initier à Bacon ceux et celles qui ne le connaissaient pas et d'une manière positive.



vendredi 29 mars 2013

Joseph Mallors William Turner

J'ai reçu un commentaire dans lequel l'auteur me parle de deux peintres que j'admire et qui me parlent beaucoup à moi également. Je reviens à mes cours d'histoire de l'art et je retiens le premier aujourd'hui. Ce n'est pas un peintre contemporain mais son parcours compte parmi celui des plus grands peintres de l'histoire de l'art.

William Turner est un peintre britannique (1775-1851), célèbre pour le traitement dynamique de la lumière dans ses paysages. Il a beaucoup travaillé au niveau de la couleur et des atmosphères comme le montrent les œuvres que j'ai choisies. On le surnomme «le peintre des incendies».

Dans la première reproduction Fishermen at sea, admirez le magnifique clair obscur et l'atmosphère qu'il suggère. Cette toile se classe dans le romantisme. Très réaliste, l’œuvre est monochrome. On y retrouve toute une gamme de nuances qui donnent cet effet ténébreux. Je me souviens que cette toile m'avait beaucoup inspirée et j'avais moi-même créé un dessin au pastel sur une thématique semblable... cela remonte à bien des années mais je revois cette «presque copie» de la toile de Turner. Il fut bien commencer et s'inspirer lorsqu'on débute en arts. À l'époque j'ai eu la chance de connaître un professeur en arts qui m'a encouragé à poursuivre mes explorations et, finalement, à devenir l'artiste que je suis aujourd'hui.



Par contre, dans l’œuvre suivante, The Burning of the Houses of Lords and Commons, on découvre une toute autre d'atmosphère. C'est une des deux toiles qu'il a peintes sur la même thématique.Une telle toile explique son surnom de « peintre de la lumière» ou encore «le peintre des incendies». Turner compte parmi les précurseurs de l'impressionnisme.

Dans la dernière œuvre que j'ai choisie de Turner, Lever de soleil sur un lac, nous retrouvons certaines caractéristiques des impressionnistes, soit une impression fugitive d'un moment perçu par l'artiste un matin près d'un lac. L'interprétation de la scène par Turner me ramène à celle que j'admirais hier lorsque la brume se levait peu à peu sur le fleuve devant chez-moi... mais le soleil était déjà un peu plus haut à l'horizon à ce moment-là. Nous avons tous vécu un moment qui nous fait penser à ce moment arrêté sur la toile de Turner.

Lever de soleil sur un lac

J'aime énormément le monde pictural de Turner, il compte parmi les peintres figuratifs même si quelques unes de ses œuvres tendent plutôt vers l'impressionnisme et laissent deviner une figuration un peu comme la dernière. Il demeurera toujours une inspiration pour moi.

Merci pour le sujet de ce premier billet François. À suivre demain avec la seconde partie et non la moindre avec Francis Bacon, un peintre beaucoup plus près de nous qui nous fait vivre des émotions qui ne laissent personne indifférent. Un peu plus difficile pour certains d'aimer son monde mais la beauté peut se retrouver parfois dans l'horreur n'est-ce pas?

jeudi 28 mars 2013

Interprétation d'une scène par un artiste

Questions d'affinités, de goûts, de connaissances, d'observations chacun a ses préférences quant à la représentation d'une thématique ou d'une image. Au départ, je tentais de reproduire une image. Mais l'image vue à travers mes yeux pouvait différer de celle de quelqu'un d'autre. Donc, la représentation visuelle peux prendre différentes formes ou «interprétations» sur la toile ou dans une sculpture. D'après Le groupe µ, «le message iconique ne peut être une copie du réel, mais est déjà et toujours une sélection par rapport au perçu».

Un mouvement artistique illustre bien ce propos. Les œuvres des impressionnistes nous donnaient l'impression, par exemple, d'un paysage. Si je prends Waterloo Bridge, soleil voilé de Monet, je crois que nos l'avons vu au moins une fois dans notre vie. On ressent le fameux brouillard qui caractérise Londres, on voit l'ombre des usines à l'arrière et l'activité humaine que cela implique.
claude monet waterloo bridge hazy sun
La réalité de ce paysage peut être différente selon plusieurs artistes, même pour Claude Monet, la réalité n'est plus la même dans cette prochaine image. Nous reconnaissons facilement le fameux pont mais l'atmosphère est complètement différente. Si nous nous trouvions juste à côté de Monet, est-ce que notre représentation de la scène serait identique à lui? J'en doute. 

Waterloo Bridge Misty Morning

Voici le même pont, vu par un autre artiste John Crowther. Si l'angle est différant, la facture de la toile est également différente. On y perçoit également le fameux brouillard à cause de l'effet vaporeux de l'arrière-plan.

View of Waterloo Bridge from Hungerford Bridge

Voici, à l'heure actuelle à quoi ressemble le Waterloo Bridge. Vous noterez que l'arrière plan a beaucoup changé mais le pont reste le même (j'imagine avec quelques réfections). La photographie a cependant été prise lors d'une journée ensoleillée. Donc, nous ne pouvons voir la réalité sous la brume, seulement l'imaginer.  

Si je créais une toile avec ce même pont, en ne tenant pas compte de l'arrière-plan, la facture serait également très différente. Mais il serait reconnaissable comme les autres. À moins que je décide de réaliser une abstraction. Ce pourrait être que  seulement le titre qui vous en informerait, puis, en y regardant de plus près, vous observeriez que certains éléments  y font référence et vous pourriez «voir» ou imaginer le Waterloo Bridge à travers les «signes» et l'atmosphère de la toile. Il faudrait que je le fasse un jour juste pour vous permettre de mieux comprendre.

 

Voilà une des particularités  qui fait la beauté d'une peinture, l'interprétation de l'artiste, la différence avec les autres. Pourquoi préfère-t-on une toile plutôt qu'une autre? Question de goût ou d'affinités, peut-être même coup de cœur d'un instant qui pourrait changer au cours des années. Peu importe comment je perçois l’œuvre, cela fait partie de mon bagage, de ma vision des choses, bref de moi tout simplement. 

Aimez-vous l'abstraction? Préférez-vous une œuvre plus figurative, ou encore mi-figurative?



mercredi 27 mars 2013

Au travail maintenant!

Mise à jour de ressourcement terminée! Au travail maintenant et que ça saute!

Ma virée en Outaouais a fait émerger des idées, des rencontres fort agréables, des moments hilares, d'autres plus sérieux, et d'autres très tendres. Voilà! Mon énergie  refait surface.malgré qu'elle n'était pas encore à plat. Je n'ai même pas eu le temps de passer par le MBAC, mais ce sera pour une autre fois. Je ne manquerai pas l'exposition de Rubens à l'été 2013. et ne voudrai surtout pas rater celle de Michel Campeau sur les chambres noires en octobre.

Pour le moment, demain je rhabille mon chevalet de blanc et je tenterai encore une  fois de l'habiller des couleurs les plus pures possible. Ce qui émerge de ces habillages, se nomme énergie. L'énergie qui survient lorsqu'on offre un habillage à une personne qui nous est chère et que ce geste la rend heureuse. Celle qui résulte de la satisfaction face au résultat obtenu. Et celle qui répond à un questionnement ou à une recherche.

Je vous laisse entrevoir un détail de ma dernière toile, libre à mon ami François de l'afficher dans son entité, elle lui appartient maintenant. Encore une fois, «Bonne retraite François!», toi qui a souvent permis à ma créativité d'exploser en la combinant à la tienne.

Géomatique blues

Alors, vivement demain! Je sens mes doigts qui cherchent mes pinceaux.

Et vous, comment amorcez-vous un projet?

dimanche 24 mars 2013

Tino Sehgal

Je ne devais pas écrire aujourd'hui mais, en lisant Le Devoir, je suis tombée sur un article
annonçant une exposition au MACM de l:artiste Tino Sehgal (cf. L'immatériel Tino Sehgal, en paroles et en baisers). Si vous avez le goût d'être un peu «déconcerté» par une exposition, il faut passer par le Musée d'art contemporain de Montréal. Ne pas oublier que c'est une exposition sans objet, ce sont des performances qui interpellent parfois le spectateur.

Tino Sehgal

 Vous m'en reparlerez si vous visitez le MACM. L'exposition se termine le  28 avril.