mercredi 12 mars 2014
Exposition intéressante à Montréal
À la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal se tient jusqu'au 30 mars 2014 l'exposition De nous il ne reste plus personne. C'est une réalisation du photo-reporter Valerian Mazataud qui voulait rapporter des portraits des Syriens réfugiés en Jordanie mais la plupart refusaient.
Il s'est alors intéressé aux objets qu'ils apportaient avec eux... et le projet a pris forme. Je vous invite à regarder le reportage de Radio-Canada. À voir...
Il ne faut pas manquer non plus les magnifiques reportages qu'il a diffusé sur son site FocusZero.
mardi 11 mars 2014
32e FIFA
Vous me direz que je vous en parle trop tôt, le festival ne commence que le 20 mars. Mais, peut-être voudriez-vous planifier votre sortie. Disons que ce n'est qu'un pense-bête aujourd'hui.
Du 20 au 30 mars 2014 se tiendra la 32e édition du Festival international du film sur l'art de Montréal. On nous propose une programmation très intéressante et cela par rapport à toutes les formes d'art imaginables.
Parmi les films que j'ai l'intention de voir, il y a Let the scream be heard qui parle de la portée de l’œuvre de Munch 150 ans après sa mort (billet du 23 nov. 2013), Lucian Freud : painted life, célèbre peintre britannique et Le cri d'Armand Vaillancourt, qui porte sur la vie de ce sculpteur engagé (billet du 3 mars 2014).
Au plaisir de se voir peut-être là-bas...
lundi 10 mars 2014
Sylvia Daoust
Ce matin nous nous intéressons à la première femme à vivre professionnellement de la sculpture au Québec. Sylvia Daoust (1902-2004) a sculpté plusieurs des œuvres que l'on retrouve un peu partout au Québec. Une pionnière qui a tracé le chemin pour d'autres femmes artistes. Dans un monde consacré aux hommes, elle a réalisé son rêve.
S'intéressant au début à l'art profane, elle se utilisera sa famille et ses amis qui lui serviront de modèle. Elle recevra un prix pan-canadien en sculpture en 1929 ainsi qu'une bourse d'étude en Europe. Cela lui ouvrira les portes de l'enseignement à l'École des beaux-arts de Québec puis à celle de Montréal entre 1943 et 1968.
Elle était féministe avant son temps car elle conduisait elle-même sa voiture, fumait et savait faire face à la misogynie de l'époque.
Contrairement aux autres artistes du Québec, c'est à partir de 1937 qu'elle se tourne vers l'art religieux. Sous la protection de Dom Bellot le moine architecte de l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac, elle réalise des sculptures pour la même abbaye et pour l'oratoire Saint-Joseph. Elle continuera son travail en art religieux mais réalisera tout de même quelques sculptures profanes dont celle de Marie-Victorin en 1952, pour le Jardin botanique de Montréal. Elle a également réalisé, entre autres, la statue de Édouard Montpetit à l'Université de Montréal (1967) et celle de Nicolas Viel
sur la façade de l’Assemblée nationale du Québec.
Comme elle refusera le Refus global qui va à l'encontre de ses convictions, elle sera laissée de côté. Cependant, en 1974, le Musée du Québec lui consacrera une grande rétrospective qui la sortira de l'ombre. Elle était également peintre, dessinatrice et graveur mais ce côté d'elle est un peu moins souligné. On notera que :
«L’œuvre de Sylvia Daoust appartient à une période de renouveau de l’art religieux. Moderne et dépouillée en regard de ses références historiques, sa sculpture n’a rien de révolutionnaire. L’artiste s’attache aux grandes lignes de l’art religieux de la culture gréco-latine et chrétienne, mais les débarrasse d’unaspect parfois mièvre tout en y apportant une note personnelle.» - Université de Montréal, Centre d'esposition
Elle continuera à travailler même après avoir dépassé ses 90 ans.
vendredi 7 mars 2014
Les prix du Gouverneur général en arts visuels
L'article de Radio-Canada du 4 mars dernier Arts visuels : les 8 lauréats des Prix du gouverneur général annoncés nous dévoilent leurs noms. Il s'agit de :
Kim Adams, sculpteur, Toronto
Sandra Brownlee, tisserande-diariste (prix Saidye-Bronfman), Dartmouth (N.-É.)
Max Dean, artiste multidisciplinaire en arts visuels, Toronto
Raymond Gervais, artiste de la performance et de l'installation, Montréal
Angela Grauerholz, photographe et artiste en arts visuels, Montréal
Jayce Salloum, artiste en arts médiatiques, Vancouver
Brydon Smith, conservateur (contribution exceptionnelle), Ottawa
Carol Wainio, peintre, Ottawa
Jayce Salloum, artiste en arts médiatiques, Vancouver
Brydon Smith, conservateur (contribution exceptionnelle), Ottawa
Carol Wainio, peintre, Ottawa
Comme vous le savez, à chaque année le Gouverneur général remets des prix dans différents domaines et cela, au Canada anglais et français. Le prix en arts visuels s'accompagne d'une bourse de 25 000$. De plus, des œuvres des artistes récipiendaires seront exposées au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, du 28 mars au 6 juillet 2014. La cérémonie de remise des prix se tiendra le 26 mars prochain à Rideau Hall.
Je connais le travail de Carol Wainio à travers mon ami Guy Thibert qui me parlait souvent d'elle. Vos remarquerez que je vous ai fait des liens pour chaque récipiendaite. Cela vous permettra de vous mettre en contact avec leurs différentes recherches et démarches artistiques.
| Le sculpteur Kim Adams Photo : Henry Feather | Conseil des arts du Canada |
lundi 3 mars 2014
Armand Vaillancourt
On le voit encore à l’œuvre notre Armand Vaillancourt national (1929-), même avec ses 85 ans, il est toujours actif et militant. Il s'est fait connaître avec sa peinture et surtout avec ses gigantesques sculptures.
Il fut l'un des précurseurs de l'art de la rue au Québec, le cadre d'une école ou d'un atelier limitant trop son élan. Sa sculpture L'arbre de la rue Durocher à Montréal fut sa première performance publique et est considérée comme à la base de la sculpture moderne québécoise.
Très impliqué et militant au niveau social et politique, il réagit en créant une œuvre pour illustrer ou mettre du poids à ses combats. Le financement n'étant pas nécessairement au rendez-vous, il se débrouille autrement. Par exemple, en 2013, il demande l'aide du public afin de réaliser une sculpture en mémoire à Michel Chartrand, grand syndicaliste décédé en 2010.
Il a remporté le Prix Paul-Émile-Borduas en 1993 et a été fait Chevalier de l'Ordre national du Québec en 2004.
Le voici au travail dans une performance de peinture en direct mise en ligne par le Festival de jazz de Montréal sur You tube.
samedi 1 mars 2014
Clyfford Still
Tiens voilà que je l'oubliais celui-là... Le peintre Clyfford Still (1904-1980) se classe dans le mouvement de l'expressionnisme abstrait américain et du «colour field painting». Sa démarche peut se traduire en l'acte de peindre en soi. Il utilise des couleurs pures. Un musée est également érigé à son nom à Denver, Colorado.
Contrairement à ses pairs de l'expressionnisme abstrait, il a commencé à peindre de façon non figurative bien avant eux. Déjà entre 1938 et 1942 il laissait la figuration de côté. Suite à ses études en arts, il a enseigné dans quelques écoles d'art dont le California School of Fine Arts et également dans l'est des États-Unis.
Il a collaboré avec les galeries de Peggy Guggenheim et Betty Parsons à New York à la fin des années 1940. Cependant, en 1961 il se retire du monde de l'art comme tel lorsqu'il «s'exile» dans une ferme du Marylanf près de Westminster dans laquelle il installe son atelier. Quelques années plus tard, lui et son épouse, achètent une très grande maison non loin de leur ferme pour y entreposer ses toiles. La critique d'art Katharine Kuh nous décrit la maison comme :
«filled to capacity with multiple rolled canvases, each identified by Pat with a small sketch of the original” with only a cramped section of the kitchen reserved for entertaining.» Hochfield, Sylvia (Jan 1, 2009), Revealing the Hidden Clyfford Still, ARTnews
Il a vécu dans le Maryland jusqu'à son décès en 1980. Par la suite,toutes ses œuvres qu'il n'avait pas exposées ont été retirées et l'accès retiré pour le public en général et le milieu de l'éducation. Cette action a empêché l'accès à la recherche d'un des peintres les plus intéressants du 20e siècle. Les dernières volontés de Still demandaient que son œuvre soit retirée jusqu'à ce qu'une ville puisse l'exposer au complet dans un même lieu. Le musée a ouvert ses portes en 2011.
Il faisait partie du mouvement Color field painting. Cependant, contrairement à Rothko et Newman qui organisaient leurs couleurs de manière très définie (Newman avec ses lignes fines et ses vastes champs de couleurs et Rothko en rectangles avec des formes un peu nébuleuses), les champs de couleur de Still étaient, pour sa part, entremêlés donnant l'impression qu'un champ en cachait un autre. Sa palette de couleurs tournait surtout le jaune, le blanc, le noir et le rouge même s'il ajoutait d'autres couleurs à l'occasion.
1948
Je vous laisse sur ce clip vidéo réalisé par le Clifford Still Muséum qui nous décrit bien le personnage.
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